Je t’aime… moi non plus !

Par Sylvie Dépraz, diacre à la paroisse Les Chamberonnes.
Introduction par Sébastien Cornioley.

Je t’aime, moi non plus, chantaient Birkin & Gainsbourg. Alors ça rime encore à quoi, aujourd’hui, le mariage dans un temple ? Simple fantasme accompli ou parcours spirituel à accomplir… Entre ces vas-et-viens, Sylvie Dépraz nous livre son expérience.

Pour le meilleur et pour le pire ….
Pour le meilleur sans le pire ….
Pour le pire sans le meilleur….
Un mari ou une femme, ou deux ou trois ?

« Est-il encore possible, aujourd’hui, de s’engager pour la vie ou les couples n’y croient-ils plus ? Les « à quoi bon » auraient-ils gagné ? »

Dans une société hyper-mouvante et connectée qui prône partout tous les possibles mais qui par ailleurs fait du seul présent le temps qui compte, méprisant le passé et craignant l’avenir. Le risque est grand de faire du couple le lieu de toutes les attentes mais aussi de toutes les déceptions.

A l’horizon de la vie avec le Christ il y a, je crois, un autre lieu d’accomplissement, une autre promesse qui permet d’envisager la vie à deux avec ses risques et avec ses enjeux, avec ses renoncements nécessaires et ses accomplissements, avec ses hauts et ses bas, avec ses fragilités humaines.

Il nous arrive parfois, sur notre chemin de vie, des contrariétés qui nous conduisent à vivre l’inattendu. Peu importe l’importance de ces contrariétés, elles viennent bousculer l’ordre établi et nous demandent adaptations et souplesse. Elles viennent peut-être malmener un bonheur sans ombre si prévisible que je résumerai ainsi :

« Ils sont persuadés que la vie à deux est un idéal et que rien ne peut leur arriver tant qu’ils s’aiment. »

Ils ont un bon boulot, sont mariés à l’homme ou la femme de leur vie, parents de deux enfants (idéalement un garçon et une fille), vivant dans une maison avec un petit jardin.

Bien sûr, ils savent qu’il y aura des petits accrochages, comme en ont tout le monde, mais ils sont persuadés que la vie à deux est un idéal et que rien ne peut leur arriver tant qu’ils s’aiment.

Pourtant, certains événements peuvent les éloigner sans même qu’ils s’en aperçoivent, les séparer sans crise, sans heurt et, tout d’un coup, ils se retrouvent dans le mur : ils n’arrivent plus à se parler ni à se comprendre.

Alors que faire ?

« C’est dans ces moments là que je mesure combien le rôle du ministre, de celui qui prépare la célébration, est important. »

Je crois que dans ces moments là, il est important de pouvoir revenir au sens du mariage, aux promesses réfléchies et peut-être de pouvoir s’y accrocher mais surtout décider encore de s’aimer tous les jours que la vie donne.

C’est dans ces moments là que je mesure combien le rôle du ministre, de celui qui prépare la célébration, est important. Il doit oser interpeller, bousculer, permettre de faire sortir ce qui est au plus profond de chacune et chacun afin que l’engagement sonne vrai et soit en prise avec la réalité et qu’il puisse s’en souvenir dans les moments difficiles.

Oui, je crois qu’aimer est une décision. Il y a bien sûr ce sentiment amoureux, cette passion qui nous conduit l’un vers l’autre, mais ensuite passer sa vie ensemble, c’est une décision. C’est un oui, qu’on devrait se redire tous les matins. Parfois, cela peut être un « oui… mais », parfois c’est un oui prononcé du bout des lèvres, mais c’est un oui quand même qu’on essaie de se redire, parce que c’est NOTRE PROJET, notre projet de vie commun.

« Y aller étape par étape, respecter le rythme de chacun. »

Je crois que pour cheminer ensemble tout au long de la vie, gravir les montagnes ensemble, il faut y aller étape par étape, respecter le rythme de chacun et je pense que c’est la chose la plus difficile à faire. Apprendre à entrer, par exemple, dans les moments de joie de l’autre tout en respectant son propre chagrin au même instant. Découvrir que ce n’est pas incompatible.

« Oui, je le promets, avec l’aide de Dieu » !

Séb-pas-possible : l’interview vérité
par Sébastien Cornioley

On parle de qui ? Sylvie Dépraz, diacre, responsable des activités KT/jeunesses de son coin, mais avant tout femme, mère et jeune grand-mère. Blindée d’un vrai parcours professionnelle chez le géant jaune, elle garde un regard pétillant sur la vie…

Casée ou célibataire ?
Alors casée.

Depuis combien de temps ?
Depuis 42 ans et mariée depuis 36 ans.

T’as des gosses ?
2 filles de 29 ans et 25 ans. Et aussi 2 petits fils de 6 mois et 4 mois.

Ça a été quoi tes plus grosses galères, à toi, lors de préparations de mariage ?
Une des difficultés qui revient régulièrement, c’est le souhait d’un mariage personnalisé, dynamique, etc avec des futurs époux qui sont sur la retenue, qui voudrait que cela se fasse comme une évidence et j’ai le sentiment d’aller à la pêche aux informations… Puis tout d’un coup la confiance est gagnée et ça se débloque, mais c’est un joli défi !

Ou alors des demandes tellement extravagantes que je ne comprends plus le sens de ma présence… Souvent le dialogue permet de trouver une solution, mais parfois c’est vraiment galère pour y arriver.

Le sentiment que de plus en plus souvent nous venons de planètes différentes et que nous devons déjà nous apprivoiser pour construire quelque chose qui ait de la valeur et sur lequel ils puissent s’appuyer par la suite ou faire mémoire de leurs projets commun.

Merci Sylvie ! Et là, tu pars en marier maintenant ?
Non, là je vais préparer un enterrement…

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Sylvie Dépraz
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