Gaston

13040842_1033767586670279_5014632765733243973_o-copie-2Il est difficile de savoir de quoi l’avenir sera fait quand on a 19 ans et qu’on ne sait pas quoi faire de ses dix doigts, que le sang nous fait peur, que la lecture nous rebute un peu et que les mathématiques ne sont pas notre spécialité. Gaston n’a pas vraiment d’expérience. Son parcours scolaire n’a rien d’atypique. Son gymnase n’a pas été une période de grande rébellion ou de prise de conscience drastique. Si vous lui demandez ce qu’il a fait d’extraordinaire, il ne saurait pas quoi vous répondre, encore moins s’il peut y répondre. Gaston n’est pas un rebelle, encore moins un cancre. Ce n’est pas non plus un bourreau de travail et la moindre idée ou curiosité qui l’attire est une occasion de s’échapper dans un rêve.

Mais que faire après le gymnase ? Gaston n’en sait rien. Pendant près d’une année, au fil des séances de présentations et des candidatures dans différentes écoles, c’est un peu par défaut que Gaston commence ses études en théologie. Non que cela ne l’intéresse pas, il n’est pas convaincu que ce soit sa voie, encore moins qu’il dispose des capacités suffisantes pour mener à bien ces études. Les premières années sont difficiles. Mais très vite, les Ecritures le passionne. Le message qu’elles contiennent, la pensée qu’elles dispensent, leur actualité et les ouvertures qu’elles proposent, séduisent le jeune étudiant. Au travers des textes mais aussi du réconfort et des enseignements qu’elles offrent à qui veut bien les accepter, Gaston trouve lentement mais sûrement de nouveaux repères. Son master en théologie en poche, le jeune théologien envisage très sérieusement un ministère pastoral… mais des doutes subsistent, il a encore besoin de quelques réponses.

Il est difficile de se concentrer et de choisir sa voie lorsqu’on est aussi distrait, maladroit et désorienté. Comment croire qu’un jeune homme à qui on n’oserait pas confier une carte et un groupe à guider puisse faire un bon pasteur et mener son troupeau en bon berger ? Mais avant de conduire et de guider des fidèles, Gaston a besoin de trouver son propre guide, sa propre conduite. Malheureusement, il n’existe pas de carte déjà toute dessinée pour guider l’âme dans ses turpitudes. Que faire alors ? Gaston a besoin de temps et de faire ses propres expériences. Un pèlerinage peut être ? Gaston a-t-il ou non déjà trouvé sa vocation ?

Qui est l’acteur qui le joue ?

Guillaume Favrod, 26 ans et toutes mes dents, je termine actuellement un master en Histoire à l’Université de Lausanne. Après une maturité en Arts-Visuels, j’ai décidé de faire un Bachelor en Lettres. L’Histoire m’a toujours passionné mais il me fallait choisir une seconde discipline. C’est un peu par défaut, comme Gaston, que j’ai choisi de faire un Certificat d’Etudes Théologiques, option que proposait la Faculté des Lettres en partenariat avec la Faculté de théologie et de sciences des religions. La voie pourrait paraître toute tracée pour quelqu’un dont le père est pasteur et la mère est diacre dans l’EERV. Mais c’est par intérêt et pour répondre aux nombreuses questions que je me posais que j’ai choisi cette voie et non dans l’éventualité d’un jour exercer un ministère pastoral. Au cours de mon parcours académique, j’ai obtenu de nombreuses réponses mais la plupart des questions qui me turlupinaient à mon entrée à l’université restent encore irrésolues. Une vie ne me suffira assurément pas pour y répondre. Ce questionnement personnel, je le poursuis encore aujourd’hui, notamment au travers de ma participation aux Huguenots.

Amateur de planches, de partitions de piano, de feuilles blanches, de toiles, d’écriture et de salles obscures depuis mon plus jeune âge, j’ai partagé ma scolarité et mes études supérieures entre des ateliers de dessin, une maturité en Arts-Visuels, des cours de théâtre et de piano, ainsi qu’un goût prononcé pour la littérature et la création littéraire. Aujourd’hui, même si mon orientation professionnelle n’est plus la même et que je consacre mes études universitaires à l’enseignement, j’attache une grande importance à ces passions de jeunesse que je concrétise à ma manière par le biais de l’improvisation théâtrale, mon investissement dans diverses associations artistiques et cette websérie des Huguenots.

Lorsque j’ai été approché pour jouer le rôle de Gaston, je n’étais pas encore complètement convaincu par l’utilité et la pérennité du projet. Ce personnage me correspondait en certains points et me permettait de m’amuser en lui donnant un jeu comique. J’ai d’abord compris ce dernier comme le petit « rigolo » de la bande, celui dont on oublierait vite l’existence pour se concentrer sur les deux autres, John et Amélie, plus porteurs. L’expérience des premiers épisodes s’est rapidement concrétisée en un investissement plus consistant. Au fil des tournages, j’ai compris qu’à partir de ces trois personnages, il nous était offert la possibilité de dépoussiérer et de remettre aux goûts du jour non seulement les études en théologie mais aussi le pastorat en soi. Le personnage de Gaston, avec son originalité, me permettait de présenter une vision du futur pasteur que j’apprécie, celle d’un monsieur tout le monde avec des doutes qui trouve un jour une voie qui lui convient et à laquelle on ne s’attendait peut-être pas. Que ce soit au travers du comique de la série mais aussi de son développement dramatique et dramaturgique, j’allais pouvoir faire avec un Gaston une des réflexions les plus intéressantes qu’il m’ait été donné de faire et je n’allais pas m’en priver !

De comédien dans les premiers épisodes, je me suis retrouvé scénariste des suivants. J’ai alors pu mêler plusieurs de mes passions que sont le théâtre, le cinéma, l’écriture et la religion. Il n’est pas facile de parler de religion, encore moins avec humour et désinvolture, tout en développant un message efficace et en offrant une vision qui puisse toucher et émouvoir le public, tout en lui faisant prendre conscience de la complexité du parcours à la fois théologique et personnel des futurs pasteurs. J’attache une grande importance aux études en théologie et à la formation des futurs ministres. Cette websérie est selon moi un outil essentiel pour présenter à la fois les études, la formation mais surtout le développement personnel que vivent et expérimentent celles et ceux qui seront amenés à exercer dans les prochaines années ce métier à la fois difficile et terriblement enrichissant.

Pour celles et ceux qui me connaissent bien, Guillaume ressemble un peu à Gaston. Je ne suis pas aussi distrait et désorienté que le personnage que j’incarne, néanmoins la curiosité et la rêverie qui le caractérisent sont deux des qualités que je chéris le plus. Pour la petite anecdote, le fameux bonnet rouge de Gaston n’est pas un accessoire aussi anodin. Ce bonnet, je le porte tout l’hiver et même parfois l’été. J’espère seulement que j’aurai apporté plus de couleurs à ce personnage que le rouge de ce couvre-chef !

 

Publié le24.11.2014

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