Le PEP (Procédure d’évaluation psychologique)

Le PEP est une journée d’assessment avec en cadeau en prime : un rapport d’évaluation qui s’articule sur deux axes :

  • L’hétéro-évaluation qui se réfère aux mises en situation (observations par un groupe de personnes diverses)
  • l’auto-évaluation issue d’un questionnaire de personnalité.

Le PEP, un incontournable pour entrer en stage diaconal et pastoral et Dieu sait ce qu’il nous a fait causer, réagir, interagir avant et nous prendre la tête aussi ! Scandaleux, inadmissible, effrayant… Difficile d’entrer dans cette démarche encore inconnue, à ce moment là ; difficile d’être ainsi observés dans des situations diverses, que ces observations soient de groupes ou individuelles, par une équipe d’évaluateurs plutôt nombreuse ; difficile de ne pas pouvoir s’y préparer, d’accepter d’y aller tels que nous sommes avec peut-être, pour ma part, un sentiment de vulnérabilité et de fragilité à devoir ainsi m’exposer. Et c’est vrai, au fond, c’est quoi, ça sert à quoi, à qui, une journée d’assessment ?

Un assessment est une méthode qui évalue les compétences d’un candidat au travers de plusieurs outils psychométriques et par des mises en situation. Il vise certainement à compléter les méthodes d’évaluation plus traditionnelles telles que l’entretien d’évaluation ou l’auto-évaluation et, de ce fait, à améliorer la qualité des décisions RH.

Le 24 septembre 2009, oui je me souviens de la date car le 22 septembre 2009 mon père est décédé et le 25 septembre avait lieu son service funèbre. Que faire dans une telle situation ? Après un échange avec le responsable des stages, j’ai pris la décision, pour différentes raisons, de participer quand même à cette journée même si j’étais très affectée par le décès de mon père.

Avec le recul et 2 ans de ministère, je trouve que les mises en situation sont adéquates et intéressantes, parfois je me surprends à penser avec un sourire à telle ou telle situation du PEP. Mon contexte de vie particulier à ce moment-ci m’a obligée à sentir ce qu’il m’était possible de faire et à oser, lorsque ma situation personnelle ne me permettait pas de prendre le recul nécessaire pour participer à l’exercice, le dire au groupe dans lequel j’étais ainsi qu’aux observateurs et, dans la vie ministérielle, il est bon de savoir le faire également.

Le groupe avec lequel j’ai travaillé était un groupe formé sur place donc constitué de personnes connues ou inconnues et la dynamique de groupe devait se créer sur le moment ou ne se créait pas, ce qui correspond, au fond, assez bien à notre réalité d’Eglise. En effet, lorsque j’arrive dans une paroisse ou une région, je suis appelée à entrer dans des conseils, des colloques de ministres, déjà constitués, dans lesquels il est possible que je trouve ma place ou pas ! Joli défi à relever dans cette journée mais dans le quotidien ministériel surtout. Il n’est pas tout simple de se laisser observer par des personnes connues ou inconnues qui vont très clairement se prononcer sur mes compétences et sur ma capacité à entrer dans le ministère diaconal. J’ai réussi à vivre cette journée sereinement, en faisant confiance à l’équipe d’évaluation. Je me suis sentie accueillie et l’attention donnée à ma situation m’a permis d’être vraie.

Par contre, le temps d’attente jusqu’à la réception de l’évaluation a été rempli de diverses questions car je savais bien que cette évaluation allait dire quelque chose de ma résistance aux pressions, de mon énergie, de ma manière d’être en lien, de communiquer aux autres, de mes capacités d’organisation, des choix et des priorités que j’avais posés. Sûrement aussi de ma capacité à prendre des décisions. Et lorsque cette fameuse évaluation arrive, me voilà surprise de me reconnaître et de me découvrir mais aussi, au fond, d’avoir des mots posés sur mon comportement, sur mes forces et mes faiblesses. Je me reconnais plutôt bien mais alors il y a un point où là, non c’est pas vrai ! Ça me fâche et puis peu à peu, je remets cette évaluation dans le contexte du jour et je comprends.

Alors, au fond, le PEP, c’est une journée où il faut se laisser surprendre par les questionnements et essayer d’être le plus authentique car peu d’occasions nous sont données d’avoir ainsi un retour sur nous-mêmes.

Sylvie Dépraz, Diacre

Publié le 9.10.2014

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